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domingo, 16 de diciembre de 2012

Dans 50 ans, on fera l’amour avec des machines




Dans 50 ans, on fera l’amour avec des machines


Telle est la vision développée par une équipe de jeunes artistes-publicitaires dans le clip Love 2062, sorti cette semaine sur le Net. A J-5 de la fin du monde prétendument prévue par les Mayas le 21 décembre 2012, cette réalisation en dit long sur la façon dont certains se projettent dans l'avenir.

Complètement keeks

Financé via la plateforme de financement participatif Ulule et par un investissement personnel conséquent des acteurs, réalisateurs et de la boîte de production, le clip se déroule dans un monde post-apocalyptique : la montée des eaux a englouti l'Arc de triomphe et la tour Eiffel (ce qui, au regard des projections actuelles, reste une situation peu probable) et les survivants se sont réfugiés en hauteur (dans le Massif central, semblerait-il). L'eau est retenue par une digue géante et protège les bidonvilles, dans lesquels la puanteur est telle qu'il est préférable de se protéger avec un masque. Pour survivre, certains se shootent à prix d'or et à haute dose de technologies afin de trouver des moments d'amour et d'apaisement :


LOVE 2062   



Publicado el 09/12/2012
Love 2062 is a collaboration between french artists. Film director Romain Demongeot and electronic music artists De Andria & Ghisal have given their vision of what Love may become after the end of the world.
Directed by Romain Demongeot / www.romaindemongeot.com
Production company : Heroes production / www.heroesprod.com
Post production : Sonia presne / www.presnes.com
Lighting rental : Panalux
Track available here http://love2062.bandcamp.com and http://love2062.viinyl.com
Music written & produced by De Andria & Ghisal / facebook.com/deandriaofficial
Music mixed and mastered by Luis Calderon / facebook.com/bantaam
LOVE 2062 (ORIGINAL EDIT), by DE ANDRIA & GHISAL



Romain Demongeot, le réalisateur, travaille comme directeur artistique dans une grande agence de pub parisienne. Parmi ses clients : Greenpeace et une grande chaîne de fast-food. Et, bizarrement, c'est plutôt le second qui lui a fait prendre conscience de certains enjeux et qui lui a donné envie de faire ce projet, à lui et à d'autres directeurs artistiques de l'agence.
A titre personnel, le jeune homme se définit comme dépressif et pessimiste, mais il ne veut pas se laisser abattre : "J'ai beaucoup d'énergie et je ne me morfonds pas, et si je fais beaucoup de choses, c'est parce que j'en ai besoin pour ne pas me laisser aller, pas parce que je pense que ça changera vraiment les choses, ou les hommes." Il accepte donc "de faire des trucs pas très agréables pour vivre" afin de "recharger ses batteries avec de vraies gens, sur de vraies causes" dès que possible.
Avec "keeks", le clip dont la vidéo suivante explique la genèse, Romain Demongeot, souhaite surtout "promouvoir le respect à la terre où nous vivons" :

Keeks.mov   


Romain Demongeot  Publicado el 12/12/2011
le synopsis, les intentions de keeks, un clip de Dead sea lions par Romain Demongeot et Sébastien Novac

Un futur souhaitable ?

Pour le prospectiviste Mathieu Baudin, avec qui j'ai discuté de cette sombre vision de l'avenir – et de l'amour, nous sommes ici dans l'aliénation de ce que l'on connaît déjà : "Loin d'être une caricature, cette vision est une extrapolation de nos aliénations actuelles. Nous restons dans la fuite de la réalité avec l'éternel mythe du paradis perdu", estime le directeur de l'Institut des futurs souhaitables.
L'univers choisi associe autant de références à la mythologie grecque, qu'à Blade Runner ou à Soleil vert, semble-t-il. Si le résultat artistique et la musique sont plutôt réussis, une question demeure, souligne le prospectiviste : "Cette énergie esthétique ne pourrait-elle pas être utilisée à imaginer la rupture, plutôt que le prolongement de ce qui existe déjà ? Pourquoi ne pas la mettre au service de la réinvention ?"
Et vous, comment imaginez-vous le monde dans cinquante ans ?
Anne-Sophie Novel /






miércoles, 24 de octubre de 2012

Cinéma "Contrechamp"


Cinéma: épisodes de "Contrechamp" : 

– Episode 1 : le cri de Wilhelm, l'un des plus vieux "mèmes" du cinéma 
Le Monde.fr |
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 Durée : 02:04  |  Images : Olivier Clairouin/LeMonde.fr - Musique : Blank & Kitt
Techniques de tournage, références dissimulées, tendances oubliées... tous les quinze jours, "Contrechamp" s'arrête sur les petits trucs qui font le grand cinéma.
Dans cet épisode, zoom sur l'un des bruitages les plus connus de l'histoire du septième art : le cri de Wilhelm. De George Lucas à Quentin Tarantino, en passant par Tim Burton et Peter Jackson, tous ont eu recours à ce son caractéristique dans leurs réalisations, rendant un hommage discret à un vieux film des années cinquante.

– Episode 2 : l'effet Koulechov, comment faire croire qu'un acteur sait bien jouer? 

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 Durée : 02:22  |  Images : Olivier Clairouin/LeMonde.fr
Techniques de tournage, références dissimulées, tendances oubliées... tous les quinze jours, "Contrechamp" s'arrête sur les petits trucs qui font le grand cinéma.
Dans ce deuxième épisode, Keanu Reeves met à profit ses talents d'acteur pour une expérience datant des années 1920 : l'effet Koulechov. A cette époque, un réalisateur russe a entrecoupé un plan serré présentant le visage d'un acteur célèbre avec des plans fixes de différents objets, parvenant à lui conférer des expressions faciales différentes. La manipulation a permis d'illustrer l'importance croissante du montage, outil essentiel pour suggérer des émotions.
– Episode 3 : le placement de produit au cinéma, une invention "made in France" 
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 Durée : 03:27  |  Images : Olivier Clairouin/LeMonde.fr
Techniques de tournage, références dissimulées, tendances oubliées... tous les quinze jours, "Contrechamp" s'arrête sur les petits trucs qui font le grand cinéma.
Si des réalisateurs comme Michael Bay sont passés maîtres dans l'art du placement de produit, la pratique est loin d'être une invention récente. Ce troisième épisode remonte aux origines du phénomène en passant en revue quelques exemples de polluants marketing les plus grotesques.

– Episode 4 : la couleur d'une affiche dévoile-t-elle tout d'un film? 
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 Durée : 02:42  |  Images : Olivier Clairouin/Le Monde.fr
Techniques de tournage, références dissimulées, tendances oubliées... : tous les quinze jours, "Contrechamp" s'arrête sur les petits trucs qui font le grand cinéma.
Peut-on tout savoir d'un film rien qu'en jetant un coup d'œil à son affiche ? Si elle s'est érigée en objet d'art à part entière, cette dernière reste avant tout un objet de marketing obéissant à des règles tacites, particulièrement au niveau des couleurs. Ce quatrième épisode se penche sur les tendances suivies depuis son origine en passant par quelques affichistes célèbres, jusqu'aux travers et facilités des illustrations d'aujourd'hui.
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Le Monde.fr | 
 Durée : 04:16  |  Images : Olivier Clairouin/LeMonde.fr
Techniques de tournage, références dissimulées, tendances oubliées... tous les quinze jours, "Contrechamp" s'arrête sur les petits trucs qui font le grand cinéma.
Dans un film, les protagonistes ne sont pas censés être au courant de leur nature fictionnelle, ils ignorent donc qu'un public les regarde. Il arrive pourtant que des réalisateurs, à l'image de Jean-Luc Godard ou Wes Craven, utilisent directement leurs personnages pour communiquer avec le public. Une méthode qui, bien maniée, s'avère très pratique pour maquiller les faiblesses d'un scénario. 


martes, 14 de febrero de 2012

"Docteur Love", le mathématicien qui soigne le couple

"Docteur Love", le mathématicien qui soigne le couple

LE MONDE MAGAZINE | 14.02.12 | 07h16
A l'occasion de la sortie du webdocumentaire Amour 2.0 sur Francetv.fr, mardi 14 février 2012, Le Monde.fr vous propose de découvrir la "méthode Gottman", du nom de ce professeur américain dont les équations cherchent à percer le mystère des couples. Cet article a initialement paru dans "Le Monde magazine" et été enrichi d'extraits du webdocumentaire. 
 

"Amour 2.0", un webdocumentaire proposé à partir du 14 février 2012.Francetv.fr

Et si, un méchant coup du sort lui faisant perdre fortune et réputation, John Gottman en était réduit à chasser le pigeon avec ces marabouts qui pratiquent les formes les plus étranges de la thérapie conjugale ? Imaginons ce sexagénaire fragile, chassé de son laboratoire de l'université de l'Etat de Washington, à Seattle, expulsé de sa maison de l'île d'Orcas, un vaste cocon de beaux bois patinés et d'étoffes pudiquement hors de prix. Le voilà dans la rue, barbe à la Freud impeccablement taillée, gros yeux de hibou sage, forçant d'un sourire des passants maussades à prendre un de ses petits billets où il aura résumé sa carrière et ses talents.

Professeur John Mordechai Gottman. Authentique savant américain. Lit l'avenir du couple dans la sueur des mains, le plissement des lèvres et le roulement des yeux. Prédit la date du divorce, même pour les couples heureux. 95 % de réussite. Exorcise le mensonge dans le mariage. Dévoile les vraies pensées de l'être aimé. Comprend tout. Explique tout. Trois minutes suffisent. Envié par ses concurrents. Résultats garantis. Moins cher qu'un divorce raté.

Mais quarante ans de labeur acharné ont placé l'illustre docteur Gottman à l'abri des revers de fortune. Ses confrères et concurrents l'ont panthéonisé parmi les quatre meilleurs psychothérapeutes américains du siècle. Les trois autres étaient déjà morts quand on les a distingués. Gottman, lui, est un dieu bien vivant. Il a reçu l'hommage avec humour et modestie, ses marques de fabrique.
Pourtant, le zèle de ses adorateurs lui fait parfois perdre la tête. Dans ses moments-là, il se compare à Isaac Newton. En donnant une base mathématique à la science, l'imprévisible Anglais a permis l'essor de la physique moderne. De ses intuitions géniales est née notre capacité à appréhender l'univers. Gottman entend refonder la psychologie autour des outils et des raisonnements mathématiques. Newton a expliqué le phénomène de l'attraction universelle, Gottman élucide par le calcul les mystères de la répulsion conjugale. Il a défini les équations de la fission des atomes crochus et posé les bases d'une théorie générale du chaos amoureux.
La révolution gottmanienne a commencé au début des années 1970. L'Amérique est alors une grande pucelle que les réalisateurs de Deep Throat, Behind the Green Doors et The Devil in Miss Jones déniaisent en lui montrant toutes les variantes imaginables de l'acte d'amour. Mais pour John Gottman, rejeton brillant d'une stricte famille juive orthodoxe, il n'est pas question de se jeter à corps perdu dans la révolution sexuelle. Il s'est déjà fait assez remarquer en se déclarant objecteur de conscience pendant la guerre du Vietnam.
Mais l'amour l'obsède autant que les maths qu'il étudie au MIT (Massachusetts Institute of Technology). Amant inconstant, il ne peut se résoudre à choisir entre le vertige de l'abstraction mathématique et l'étude méthodique - on peut dire talmudique - des lois de l'attachement d'un être à un autre. Gottman choisira la solution du libertin, celle du ménage à trois. De l'amour, dans sa déclinaison conjugale, il décide de faire un objet d'étude dont il exposera la complexe mécanique par de subtiles équations. Son ambition est de créer un modèle mathématique universel de la désintégration du noyau amoureux.
Ses premiers pas dans l'exploration du fait conjugal lui apprennent que les conjoints sont les moins aptes à donner des informations justes sur l'état de leur union. Le jeune chercheur trouve une solution à ce problème en se rapprochant du psychologue Paul Ekman. Celui-ci étudie l'expression des émotions sur le visage humain depuis le début des années 1960.
Selon Ekman, la colère, le mépris, le contentement, l'envie provoquent une contraction des muscles faciaux identique chez un chasseur de rennes lapon ou un physicien nucléaire indien. L'affichage des émotions sur le visage n'a rien de culturel, affirme Ekman. Il s'agit d'un mouvement inné totalement incontrôlable qui exprime la réalité pure des émotions et des intentions d'un individu.
BIENVENUE AU "LOVE LAB"
Ce moment de sincérité absolue est très fugitif. Il ne s'écoule qu'une fraction de seconde avant que le mécanisme d'expression des émotions ne soit de nouveau contrôlé par celui qui les ressent. Selon Ekman, il n'y aurait sur terre qu'une cinquantaine d'individus disposant naturellement du don de saisir ces "micro-expressions".
John Gottman ne fait pas partie de ces êtres d'exception. Pendant vingt ans, il a dû regarder, image par image, les centaines de bandes vidéo sur lesquelles il avait enregistré les conversations de couples pour apprendre à lire sur les visages. Le scientifique n'a rien changé à ses méthodes d'investigation depuis les années 1970, même s'il dispose d'infiniment plus de moyens depuis que les médias ont fait de lui le fascinant "docteur Love". Il travaille au Relationship Research Institute situé sur le campus de l'université de Washington.
Le "Love Lab" n'est qu'un alignement de bureaux anonymes bourrés d'équipements électroniques. La routine des expériences n'a rien de spectaculaire. Deux conjoints sont assis face-à-face dans des fauteuils truffés de senseurs et de détecteurs de mouvements. D'autres capteurs sont fixés sur la poitrine, le lobe des oreilles, les doigts des deux cobayes. Leurs visages sont cadrés très serré dans l'objectif des caméras du laboratoire. Sur un signe de Gottman, ils commencent à discuter d'un aspect de leur vie de couple. Ce qu'ils vont se dire ne présente que peu d'intérêt pour l'expérience. Les couples peuvent parler de leur chien, d'un ami encombrant ou de l'addiction du mari aux films pornographiques, cela n'influera pas vraiment sur les résultats obtenus. Pour Gottman, seules sont véritablement significatives les micro-expressions que les cobayes affichent involontairement sur leurs visages.
A la fin de l'entretien de quinze minutes, chaque seconde de l'enregistrement est codée selon une grille d'analyse à vingt entrées qui correspondent à toutes les émotions - dégoût, mépris, tendresse, colère, enthousiasme, indifférence... - que des conjoints peuvent ressentir pendant une conversation.
Une fois le décryptage achevé, la prestation du couple s'exprime en une suite de 1 800 chiffres qui donne aux chercheurs du Love Lab une image très précise de l'état de la relation conjugale et de son évolution. Ce premier résultat est complété par les informations physiologiques qui sont également recueillies pendant l'entretien. L'ensemble de ces données est rassemblé dans une équation aussi complexe que celle que les météorologues utilisent pour établir leurs prévisions.
John Gottman affirme que ses calculs lui permettent de prédire si un couple va se séparer et à quelle date se fera la rupture, bien avant que ne se forment les premières turbulences. Le taux de réussite de ses prévisions, faites sur les 3 000couples qui sont passés au Love Lab ces vingt dernières années, varie de 90 à 95 %. Le docteur Sybil Carrere, la plus proche collaboratrice de John Gottman, affirme qu'il suffirait aux techniciens du Love Lab de fractionner une conversation de trois minutes en données chiffrées pour identifier celui des deux conjoints qui provoquera la rupture et prédire la date de la séparation.
La méthode est désormais parfaitement rodée. Elle pourrait bientôt être exploitée sur tout le territoire américain. Dans quelques années, les couples se rendront peut-être au Love Lab le plus proche de chez eux pour une prise de sentiments. En une heure, ils pourraient mesurer leur indice d'estime mutuelle ou de frustration aussi sûrement qu'un taux de cholestérol.
Gottman n'est pas un charlatan. Il a refait ses calculs, amélioré sa méthode pendant vingt-cinq ans avant de se faire connaître. Docteur Love surgit dans le paysage médiatique au milieu des années 1990 alors que les Etats-Unis connaissent un taux de divorces exceptionnel. C'est également l'époque où la télé-réalité donne de la vie en couple une image effrayante. L'autre, celui ou celle avec qui l'on partage ses jours et ses nuits, est présenté comme un ennemi par nature qui ne peut survivre psychiquement qu'en provoquant la perte de son conjoint. L'animateur Jerry Springer fait exploser les records d'audience de son show en exhibant des désespérés qui vivent les formes d'union les plus grotesques, les plus obscènes. Des millions d'Américains voient dans le divorce leur seule chance de salut. Face à cette vague de désamour pour la vie à deux, les thérapeutes conjugaux sont dépassés. En 1995, une enquête révèle que les couples américains ne leur font plus confiance.
C'est dans ce contexte que Gottman choisit de se faire connaître en publiant un article dans The Journal of Marriage and Family. Il y explique son approche mathématique du divorce et révèle que les projections qu'il a faites plusieurs années auparavant sur des couples de nouveaux mariés se sont avérées à 83 %. Depuis, Gottman est un invité permanent de tous les plateaux de télévision.
LE POISON DU MÉPRIS
Dans un pays où les gens ne semblent plus savoir comment vivre à deux, il est devenu la référence absolue en matière de gestion de la relation conjugale. Du haut de l'Olympe où les médias l'ont hissé, Gottman ne rate jamais une occasion d'égratigner les psychothérapeutes auxquels il reproche de faire perdre beaucoup de temps à leurs clients. Selon lui, il ne sert à rien d'imposer de nombreuses séances de thérapie à un couple pour déterminer à quel moment le délicat mécanisme de leur vie commune s'est enrayé. Les gens qui sont sur le point de divorcer n'ont pas besoin de revivre leur histoire, ce qu'ils veulent, c'est savoir s'il y a un espoir de sauver leur mariage. Confronté quotidiennement à cette attente, Gottman ne fait pas de sentiment. La compassion fausse ses équations.
Il n'apaise pas. Dans son Love Lab, Gottman analyse objectivement des échantillons de vie à deux pour en déterminer l'ADN conjugal. Il revendique une attitude eugéniste. Pour lui, tous les mariages ne méritent pas d'être sauvés. Dès que la violence physique ou psychologique est identifiée dans les gènes d'une relation, le couple doit se séparer. Quand la ligne rouge de la brutalité n'a pas encore été franchie, il suffit, pour savoir si une union qui suffoque va survivre, de mesurer son taux d'empoisonnement au mépris, au déni, à la critique et au repli défensif systématiques.
Parmi les vingt attitudes et émotions que Gottman peut identifier au Love Lab, seuls ces quatre toxiques sont mortels pour une relation conjugale. Gottman accorde une place particulière au mépris. Il affirme qu'aussitôt qu'il repère une certaine façon de lever les yeux au ciel par lequel un conjoint exprime instinctivement un grave défaut d'estime pour celui ou celle qui partage sa vie, il sait qu'un mariage est condamné. Le mépris est un mal incurable, même traité dès l'apparition des premiers symptômes. C'est un sentiment particulièrement destructeur car il annihile le désir des couples à défendre des intérêts communs quand surgissent des problèmes sérieux.
Il n'y a pas d'union sans problème, martèle Gottman à chacune de ses apparitions à la télévision. La plupart de ces difficultés - 69 % selon ses calculs - ne seront jamais résolues aussi longtemps que le couple durera. Ce qui fait la différence entre les couples qui restent unis et ceux qui se séparent, c'est la solidité du front qu'ils opposent aux difficultés récurrentes de la vie.
Pour tenir, il faut que les conjoints soient moins amants qu'amis. Le résultat ultime de tous les calculs du docteur Love est là. L'amitié, qu'il définit comme un mélange de respect, d'estime et d'humour cimentés d'intimité, est l'énergie conjugale la plus sûre. L'amour n'est qu'une condition nécessaire, mais certainement pas suffisante pour vivre heureux, longtemps. Et ensemble. CQFD.

Extraits du webdocumentaire Amour 2.0.
Ce webdocumentaire en deux volets plonge l’internaute dans les méandres de la relation amoureuse.
Dans « L’art de la dispute », témoins et experts décryptent le rituel des scènes de ménage, dont la résolution est nécessaire à la pérennité du couple. Connu aux Etats-Unis comme le « Docteur Love », le Professeur John Gottman dévoile sa méthode scientifique d’analyse des couples, développée depuis de nombreuses années dans son Love Lab de Seattle. Sur le thème universel de l’amour, deux voyages qui se répondent pour offrir une expérience interactive, innovante et ludique.
© 2011 FRANCE TÉLÉVISIONS / BLUEPRESS / EMPREINTE DIGITALE
Jean-Marie Hosatte



 L'ÉQUATION DE L'AMOUR

 Le Professeur Gottman est avant tout un mathématicien. Docteur en psychologie, Professeur émérite à l’Université de Washington, le Professeur Gottman cherche depuis toujours à appliquer des formules sur son étude des couples. Sa passion des chiffres est communicatrice.

Les 3 types de mariages stables

Pour lui, le chiffre 3 mène à la description des trois types de mariages stables:
- les "validating couples" qui cherchent systématiquement l’équilibre et les compromis ensemble
- les "volatile couples" qui vivent selon leurs émotions et s’accordent à compenser les phases de crise par des phases de bonheur tout aussi intenses
- les "conflict-avoiding couples" qui s’accordent à étouffer toute forme de désaccord et de conflit.

Les 4 cavaliers de l’apocalypse
soit les quatre attitudes qui mènent à la destruction du couple et qui doivent donc être combattus par tous les moyens :

Le 1er cavalier : la critique.
Un jugement négatif est porté directement sur la personne. Même si ce n’est pas l’objet de la dispute.

Le 2ème cavalier : le mépris.
Mépriser l’autre c’est le rabaisser encore plus, ne plus avoir d’estime pour lui. Le degré supérieur est l’humiliation.

Le 3ème cavalier : l’attitude défensive.
La personne se faisant agresser n’a plus d’autre choix que de se protéger. Elle adopte donc une attitude défensive, ce qui ne fait qu’alimenter la dispute et… énerver encore plus l’agresseur. L’attitude défensive se résume à reporter le problème sur l’autre : « le problème ce n’est pas moi, c’est toi… »

Le 4ème cavalier : la dérobade.
Le chiffre 4 mène aux « quatre cavaliers de l’apocalypse »,

 Arrivé à ce stade, la personne agressée va choisir la fuite. Attitude de défense qui peut se traduire de différentes manières: fuite du regard, perte de l’attention auditive, disparition de la pièce ou… plongée dans  activité, télévision, internet… Cette perte du dialogue va progressivement conduire à un désinvestissement du couple.

Les 5 sujets de dispute

Le chiffre 5 décrypte les cinq sujets de dispute les plus fréquents : travail, enfants, argent, sexualité, stress.

5/1 : les ratios du bonheur

Le symbole 5/1 explique le ratio du bonheur qui veut qu’un couple restera uni si, pour un mauvais moment passé ensemble, il existe au moins 5 phases heureuses. Il convient que cet objectif ambitieux permet de se fixer des objectifs de bonheur communs…
Les 7 piliers du bonheur

Le chiffre 7 le chiffre est le plus important : Les sept piliers du bonheur (par ailleurs titre d’un best-seller du Professeur Gottman).

1. S’intéresser à la vie de son partenaire. Être ouvert à son univers. Savoir ce qui le préoccupe, connaître ses meilleurs amis, etc.
Gottman appelle cela le « Love Map ».

2. Respecter, admirer, prendre soin l’un de l’autre.
« C’est le principe le plus facile à améliorer, commente Gottman, il suffit de fermer les yeux et de penser à votre partenaire. Qu’est-ce qui vous touche le plus, quel est le moment où il vous a le plus ému… »

3. Être capable de se tourner l’un vers l’autre, de se connecter. Partager des émotions, même futiles. Avoir envie de s’appeler pour un rien. Et surtout, de répondre aux tentatives de rapprochement quand il y a conflit.

« Dans notre jargon, nous appelons cela une tentative de réparation, explique Gottman. Faire le clown (en se tirant la langue, par exemple) ou se tendre la main sont deux actions qui interrompent l’escalade de la négativité. Telle est l’arme secrète des couples émotionnellement intelligents. Ce qui compte, ce n’est pas le nombre de fois où l’on dérape, mais la vitesse à laquelle on se rattrape. »

4. Accepter de se laisser influencer par son partenaire. C’est reconnaître, par exemple, que l’un est plus doué pour les problèmes informatiques, l’autre pour décider du nouveau canapé…
« Choisissez vos batailles, disait mon grand-père. Sachez lâcher prise sur ce qui est moins important pour vous. Prenez du plaisir à céder du terrain, vous serez plus heureux », conseille Gottman.

5. Résoudre les problèmes mineurs. Si elle a peur en voiture quand elle ne conduit pas, laissez-la conduire. S’il aime la campagne et que vous préférez la mer, alternez vos vacances.

« Dans notre jargon, nous appelons cela une tentative de réparation, explique Gottman. Faire le clown (en se tirant la langue, par exemple) ou se tendre la main sont deux actions qui interrompent l’escalade de la négativité. Telle est l’arme secrète des couples émotionnellement intelligents. Ce qui compte, ce n’est pas le nombre de fois où l’on dérape, mais la vitesse à laquelle on se rattrape. »
 

6. Ne pas penser qu’une situation est sans issue. Exprimez votre envie de faire votre possible pour comprendre son besoin, même s’il est différent du vôtre. S’il aime faire l’amour sous la douche et que vous détestez ça, promettez-lui d’essayer une fois. Peut-être découvrirez-vous de nouvelles sensations.

7. Avoir des aspirations communes.
« L’important est de partager la même vision de la vie. C’est Saint-Exupéry qui disait : « S’aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, mais regarder dans la même direction ». »

CONNAISSEZ VOUS SA CARTE DU TENDRE?



 TEST

 Dans « Les couples heureux ont leurs secrets - Les sept lois de la réussite », son best-seller traduit en français*, le Professeur John Gottman, propose une série de tests permettant de faire un état des lieux de votre couple.Le premier qui s'impose à ses yeux: « Evaluer sa carte du tendre », ou connaissez-vous vraiment celui ou celle qui partage votre couette?La géographie intime de son parcours, de son quotidien, de ses désirs n'ont pas de secrets pour vous?Pas si sûr ...